lundi 20 octobre 2014

Argentine / Paraguay - Le Dominion Jésuite et Paraguay

Depuis Iguaçu, nous avons poursuivi notre route en Argentine à la redécouverte de la culture Jésuite et la découverte d'un nouveau pays, le Paraguay.

Partis des sublimes chutes d'Iguaçu, nous avons longé le "Rio Parana", fleuve qui sépare ces deux pays. Nous avons commencé par le côté argentin avant de rentrer au Paraguay et de découvrir ce nouveau pays, nous étions impatients de voir de quoi avait l'air ce Paraguay.

Des deux côtés du Rio Parana se trouve la province et le département de "Missiones". Ces "régions" portent le nom de leur Histoire et de la forte influence jésuite des débuts du XV eme siècle jusqu'au XVIII eme siècle. Voici leur histoire.

Il fut un temps, bien avant l'indépendance du Paraguay et de l'Argentine et post conquête hispanique, ces territoires étaient liés. Ils appartenaient au royaume d'Espagne et étaient sous influence et domination jésuite.
 
Les jésuites, confrérie "nouvellement" créée en 1540 par Ignace de Loyola arrivèrent en Amérique du Sud en 1585. Le but de cet ordre rigide et dévolus au "Pape" était de prêcher la parole catholique et de convertir les populations locales comme les Indiens Guaranis. Le but : imposer la culture et l'enseignement catholique. (Pour en connaitre plus sur les origines des jésuites je vous conseille de lire la partie Cordoba de l'article "Argentine - De Mendoza à Buenos Aires").
Ruines Jésuites de San Ignacio Mini - Argentine
Des deux côtés du Parana nous avons visité les ruines jésuites de "San Ignacio Mini" en Argentine et de "Trinidad" au Paraguay. Ces sites sont exceptionnels pour leur beauté architecturale et leur "empreinte" qu'ils ont laissé dans l'Histoire de ces peuples et pays.
Ruines Jésuites de San Ignacio Mini - Argentine
Les jésuites ont rapidement crée des missions ou "réductions jésuites". Ce sont des villages composés de plusieurs milliers d'Indiens sédentarisés et encadrés par seulement deux jésuites. Le but suprême de toutes ces "réductions" était avant tout de regrouper les populations indigènes pour mieux les "intégrer" au système politique et économique espagnol, de les protéger des "bandeirantes", mercenaires et esclavagistes portugais, de les évangéliser, puis de les "civiliser".
Ligne de pouvoir Cacique, Jésuites de San Ignacio Mini - Argentine
Après de nombreuses attaques des "bandeirantes", depuis sa première fondation au sud du Brésil en 1610, San Ignacio Mini fut finalement fondée en 1696. Elle comptait jusqu’à 3 000 personnes et diffusait son importante culture tout autour du Rio Parana.

La particularité de San Ignacio Mini réside dans son style architectural baroque guarani, une fusion entre le style baroque européen et les méthodes et ornementations des Indiens Guaranis. Tous les murs des édifices sont constitués d’une pierre de sable locale rouge, ce qui donne un ton particulier aux ruines et un contraste fort avec le vert herbe de la place principale.


La place principale était le poumon de la mission de San Ignacio Mini, bordée d'un côté par l’église, un cabildo bâtiment du pouvoir d'un autre côté, la résidence des pères jésuites, un cimetière et finalement les habitations des Indiens Guaranis. 

Église, Ruines Jésuites de San Ignacio Mini - Argentine
Dessiné par un prêtre et sculpteur italien, l’église était le bâtiment principal possédait des dimensions impressionnantes, presque 80 mètres de long pour 25 mètres de large.
Ruines Jésuites de Trinidad - Paraguay

Le second site jésuite que nous avons visité fut au Paraguay, la mission jésuite de "Santisima Trinidad del Parana". Fondée en 1706, son but était le même que celle de San Ignacio Mini et comptait sensiblement la même population d'Indiens Guaranis, environ 3 000.
Représentation de la réduction Jésuite de Trinidad - Paraguay
Toutes les missions jésuites étaient organisées de la même manière, avec une place centrale, le plus souvent avec une croix au milieux et tout autour l'église, le cabildo, la maison des prêtres et les habitations des natifs. Tout était ordonnés suivant un plan géométrique précis, en conformité avec les autorités espagnoles. Cette organisation permettait de conserver une structure similaire aux habitations guaranis et de maintenir une cohésion au sein de la communauté.
Ruines Jésuites de Trinidad - Paraguay
En écrivant l'article et en approfondissant mes recherches, je me pose encore la question de savoir si les missions jésuites étaient bénéfiques ou non.
Ruines Jésuites de Trinidad - Paraguay
L'architecture est belle, ce sont des sites classé à l'UNESCO mais j'ai toujours l'impression que "l'évangélisation" de tous ces peuples, leur "encadrement", bénéficiant de lois sociales avancées, services publics pour les pauvres, alphabétisation, hôpitaux, journée de 6 heures de travail (12/14 heures en comparaison à l'Europe pour la même époque) était une sorte d'esclavage et une course au pouvoir de la foi pour rendre l'église catholique plus forte...
Ruines Jésuites de Trinidad - Paraguay
Ruines Jésuites de Trinidad - Paraguay
Les missions Jésuites ont atteint leur apogée dans la première moitié du 18 eme siècle avant sous ordre royale espagnol et portugais d'être dissolues en 1767, les jésuites étant expulsés et renvoyés au Vatican. Durant cette apogée on pouvait comptait jusqu'à 140 000 Indiens catholiques dans la trentaine de missions jésuites.

Encarnacion - Paraguay
Après avoir visité brièvement Encarnacion, notre porte d'entrée au Paraguay, nous avons séjourné dans la capitale du Paraguay, Asuncion.

La Paraguay est un petit pays, en taille et en population en comparaison de ses voisins, il est riche en nature et végétation mais il est difficile de s'y déplacer car ses infrastructures ne sont pas idéales voir inexistantes en dehors des quelques grandes villes.

Son Histoire en est aussi une des raisons. Conquis par les espagnols, qui fondèrent "Nuestra Señora de la Asunción" (Notre-Dame de l'Assomption) en 1537, le Paraguay s'est toujours vu sous emprise espagnole, jésuite ou portugaise.

Asuncion - Paraguay
Je pense que tous ces sentiments de domination, d'impuissance causée par des nations qui jouaient à se partager ce "bout de terre" ont forcé ce pays à s'engager dans des guerres et batailles destructives et perdues d'avance même après son indépendance en 1811.

Entre 1865 et 1870 le Paraguay s'engagea dans la « Guerre de la Triple Alliance » contre ses trois ennemis coalisés, l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay. Le but de cette guerre était la non attribution au Brésil et à l'Argentine des territoires que le Paraguay revendiquait.

Après quatre années de guerre et la quasi-extermination du peuple paraguayen, le Paraguay fut vaincu et perdit ses territoires.
Palacio Gobierno, Asuncion - Paraguay
Comme l'Uruguay, le pays devint alors un "pays tampon" entre Argentine et Brésil. Il connut alors les mêmes difficultés que tous les autres pays : instabilité politique, coups d'état, dictatures et exploitation du territoire par des intérêts anglo-saxons venus d'Argentine et du Brésil.

Le Paraguay ne se rétablit qu'une 50 ene d'année plus tard pour de nouveau entrer en guerre contre la Bolivie dans la guerre du Chaco entre 1932 et 1935. Pour toujours la même raison : une partie de terre, celle du Chaco contrôlée alors par aucun pays. Une situation fréquente à l'époque entre les anciennes colonies espagnoles et portugaises.

Noche de amigos, Asuncion - Paraguay
Nous avons visités que quelques villes au Paraguay, nous n'avons pas passé beaucoup de temps, seulement une 15 ene de jours dans ce pays, mais il n'est tout de suite apparu que la vrai force de ce pays venait dans la gentillesse et dans la joie de son peuple : les Guaranis.
Noche de amigos, Asuncion - Paraguay
Le Pays n'est pas grand, il est plutôt plat, il n'y a pas de montagnes, je n'ai pas vu de nature aussi belle que dans d'autres pays, surement à cause des infrastructures et transports difficiles qui nous on empêchaient une progression "normale". Il n'y a pas de "grande cuisine", il n'y a pas de "chef-d’œuvre" de la main de l'homme, mais partout où nous sommes passés, j'ai rencontré des personnes sympathiques, simple, gardant leur culture vivante et essayant de conserver leur traditions par leur apparat, leur artisanat, leur croyances,...
Aregua - Paraguay
Je n'ai pas trouvé la population pauvre, pas riche non plus, mais je n'ai pas vu de personnes en souffrance comme j'en ai pu en voir au Brésil ou en Argentine.
Avec nos amis français Laetitia, Mona, Thomas et Luis notre amis canadien nous avons visité la capitale, découvert les villes autour et rencontré les gens, sympathiques, souriant et heureux de vivre.
Aregua - Paraguay

Mona présente Villecresnes, Lago Ypacarai - Paraguay
J'ai eu l'impression que ce pays n'est pas parfait, qu'il manquait beaucoup de choses, d'infrastructures, de services, mais d'un autre côté j'ai aussi senti que ce pays n'était pas si riche que cela et il m'a semblé qu'énormément d'efforts étaient mis en place par le gouvernement pour le bien de sa population. Je n'ai pas vu de signe de contestation, il se peut que je me trompe car je n'ai passé que trop peu de temps, par choix. Mais je me suis senti bien dans ces villes paraguayennes, chaleureusement accueilli, en sécurité quelque soit l'endroit et entouré de personnes heureuses et bienveillantes.
San Bernardino - Paraguay

San Bernardino - Paraguay
Nous avons visité Aregua et San Bernadino, dans la périphérie d'Asuncion, ce sont des endroits pas extraordinaires, deux villes sympas au bord du lac Ypacarai, un brin campagnard, traditionnel et artisanal pour une et un bon brin "balnéaire" et un peu plus luxurieuse pour la seconde.
Puesta del sol sobre el lago Ypacarai, San Bernardino - Paraguay
Une bonne journée que nous avons passé tous ensemble et à y réfléchir je pense que c'est cela qui m'a le plus plus dans ce pays : les rencontres...
Puesta del sol sobre el lago Ypacarai, San Bernardino - Paraguay
Les rencontres de locaux, comme les rencontres d'autres voyageurs ou d'étudiants. J'ai aimé le Paraguay et je tenterais de le connaître un peu plus dans le futur si une autre occasion se présente...

Le Paraguay traversé, le voyage s'est poursuivi en Argentine, de nouveau en Argentine. On se quitte plus et c'était pour le meilleur...
;)

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